Pour se balader et éventuellement traverser jusqu’à la côte ouest, il nous fallait une voiture. Elle serait notre moyen de transport, notre maison, et la détentrice de tout notre barda, le réceptacle de nos joies ou angoisses, notre cabine de lecture à voix haute, j’annonce…

La saga de la voiture

Vous cherchez une voiture d’occasion au Canada? Demandez à Kijiji, le site web où tu trouves tout : des chandails, des bouquins, une voiture, un chien, une job, et surement même (en lot) femme et belle mère.

Comme on s’est crus hyper malins et qu’on était pressés et (forcément) pas véhiculés on y a repéré un concessionnaire auto accessible à pied.

Dans le champ de voitures (clefs sur chaque porte, confiance toute nord américaine) il n’y avait pas l’option cadillac-avec-autoradio dans nos prix, alors on s’est rabattus sur chevrolet-orange. Arthur a bougonné un peu mais il a dit d’accord.

Le vendeur en habits de mécano a discuté avec Arthur des caractéristiques de la bête, rigolé de leurs différences de vocabulaire et puis ils ont conclu un deal après avoir fait un petit tour de parking avec.

Quelques jours plus tard on a finalisé la vente et on a fait la route Quebec-Montreal.

  • Angoisse number 1: le capot vibre car il ne se ferme pas bien
  • Angoisse number 2 : la direction est perave, du coup on a l’impression de rouler sur de la neige et que la voiture fait des zigzags
  • Angoisse number 3 : le voyant de pression d’huile clignote
  • Angoisse number 4 : trop d’huile dans le moteur, qui dégouline sur les pièces. Négligence ou camouflage d’une fuite d’huile?

Y’m’ fatiguent …

On a cru, en plus, qu’elle chauffait vite mais tout compte fait, pas tant. C’est déjà ça.

Comme on n’est pas des angoissés on a quand même continué notre route après avoir appelé le garage « Non c’est rien vous inquiétez pas c’est normal sur les vieilles voitures ! Mais revenez si vraiment ça vous embête »

Le voyant  d’huile a fini par se calmer un peu. Bon.

La SAAQ

Au Canada, la plaque d’immatriculation est associée non pas au véhicule mais au propriétaire : si tu changes de voiture, tu déplaces ta plaque et tu le déclares à la SAAQ – Société de l’Assurance Automobile du Québec (ne pas confondre avec les magasins de la SAQ, Société des Alcools du Québec ; situations cocasses à prévoir).

C’était notre première voiture donc on avait le droite de rouler 10 jours sans plaque le temps de faire l’immatriculation. On s’est dit : peinard on ira la semaine prochaine, au Saguenay !

Vous y comprenez quelque chose vous ?

« Mademoiselle je ne peux pas procéder à votre immatriculation si vous avez des amendes impayées, le logiciel est bloqué »

Stupeur d’Amélie. Retour en arrière de 4 ans. Serait-ce très léger excès de vitesse dans la banlieue de Chicout? Ou la prune de stationnement absolument injustifiée à Toronto (surement un régionalisme anti Quebecois !) ?

Visite du palais de justice à Chicoutimi. Soulagement : « juste » une prune de stationnement à Montreal (franchement je ne connais personne qui n’en ait pas eu). On dirait qu’il y a des prescriptions dans ce pays. Par contre, l’amende échappe à la juridiction de Chicoutimi, il faut aller à Montréal ou payer par courrier (internet ne marche pas pour les amendes anciennes, diantre).

Amélie va à la banque puis à la poste. Aller, dans quelques jours ça sera réglé.

Ah les à priori de petits français ! Le courrier met plutôt une semaine à arriver en général, il faudra ensuite qu’il soit traité par la ville de Montréal puis transmis à la SAAQ pour débloquer le dossier.

Autant dire qu’Amélie s’est tapée des sueurs froides à appeler les différentes administrations et faire des aller retours à la SAAQ de la Baie… Et l’échéance approchait : on avait largement dépassé les 10 jours et la voiture devait être prête pour notre départ le samedi. Il était impératif d’avoir la voiture pour faire le tour de la Gaspésie !

Le vendredi, le dossier n’est toujours pas débloqué. On commence à imaginer les pires plans B, rouler sans plaque jusqu’à Quebec et aviser là bas lundi…

Le samedi matin, dernière tentative… VICTOIRE ! On a notre foutue plaque, ah ça, comptez sur moi, je vais m’en souvenir…

La plaque de la victoire ! On a cru qu’on ne l’aurait jamais!

Finalement, en quittant la baie, roulant en direction de Tadoussac, un policier nous colle et après 5 minutes nous fait signe de nous rabattre. On était pas peu fiers de notre plaque flambant neuve.

Il ne nous a pas demandé nos papiers, il s’est juste inquiété des mouvements de balancier asymétriques qu’effectuait le cul de notre voiture. Un pneu crevé à priori, il nous a invité à le faire vérifier au plus vite.  On a dit oui oui et on est partis.

On notera plus tard que le pneu arrière est effectivement crevé, mais se dégonflant lentement ça fait le taff, et les deux pneus avant étaient sur-gonflés, ce qui n’aidait pantoute c’t’ostie de direction.

Auto pilote racoon (mais j’triche c’est la voiture d’Anouck)

Partie 2: le voyant moteur

 

En route vers la ville de Québec, le voyant moteur (orange) s’est allumé. Panique.

Il a fallu voir un garage pour faire une liste de tous les problèmes de la voiture. Le premier était très pris, et vraiment désolé de nos aventures. Il a tout de même jeté un coup d’œil rapide et réparé l’attache du capot, tachant par sa gentillesse de racheter son compatriote malhonnête, et sauver l’image du pays à nos yeux.

Un autre garage a pu faire un diagnostique plus approfondi pour gérer la négociation intense à venir avec le concessionnaire Montréalais.

Bilan : beaucoup de merdouilles foutues, une réparation bâclée, une fuite d’huile. La voiture est un bon exemple de voiture maquillée pour la revente. C’est un modèle réputé pour sa non fiabilité, on ferait mieux de s’en débarrasser et de trouver un autre char.  #FuyezPauvresFous.

Casse tete

Arthur et Amélie nous ont laissées à Québec, pour exiger un remboursement à Montréal, en faisant valoir l’assurance d’un mois pour, je cite : « les parties qui baignent dans l’huile »

Au terme d’une négociation pleine d’hostilité avec le patron, plusieurs misérables options s’offraient à nous :

– leur rendre le véhicule et récupérer à peine plus de la moitié du prix d’achat (vous comprenez je sais pas ou vous avez trainé l’char)

– l’échanger pour un modèle sans coffre en payant plus (sans garantie que le travail aura été mieux fait dans celle la)

– faire réparer le joint de culasse gratuitement chez eux (car sous garantie) et se dire adieu

On a opté pour cette dernière option, par manque de temps. On a décidé qu’on verrait après la Gaspésie.

Ils ont promis de régler le problème le lendemain, mais il a encore fallu attendre 24h additionnelles (avec maman on a cru qu’on passerait les deux semaines coincées à Quebec…) et puis, enfin ça a été bon, on a pu commencer les vacances…

Épilogue

On a fait le tour de la Gaspésie sans trop d’encombres, mis à part la gestion du rangement du coffre tous les matins (assurée avec brio par Arthur).

A suivre !

 

L’autoradio, un des arguments majeurs dans l’achat du bolide, ne marche que sporadiquement, mais on a compensé par de la lecture à voix haute. Le sort de la voiture n’a pas encore été décidé, Arthur et Amélie sont partis woofer avec…

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