(Première moitié de septembre et dernière fin de semaine de septembre 2017)

Pour aller à Chicoutimi, on traverse l’énorme parc national de la Jacques-Cartier. Première fois que je vois des étendues pareilles, ça en est vertigineux. Et des lacs, des étangs et des flaques partout. Et des conifères en hallebarde qui s’élancent vers le ciel. Beaucoup de place, beaucoup d’eau et beaucoup d’arbres.

Des panneaux jaunes nous mettent en garde de traversées d’ « Origignals » mais pas l’ombre d’un ramage en vue.

Tout ça donne sacrément envie de prendre son sac et ses claques, et de crapahuter mais ça attendra le printemps : il fait depuis deux jours froid à pierre fendre (j’exagère un peu mais Arthur et Amélie en ont chopé la crève).

Zone d’observation des oiseaux près de Chicoutimi le long du Saguenay

Arrivée a chicout’

 

Chicoutimi est une bourgade de la métropole du Saguenay. Le Saguenay est la rivière qui coupe la ville, elle va du lac St Jean jusqu’au St Laurent, et est sacrément large. Il gèle sur toute la largeur l’hiver, au point de pouvoir traverser en voiture.

La Baie

Perchée sur des collines, il y règne une ambiance de village de montagne, contrastée par une zone commerciale de banlieue très étalée. La ville est dynamisée entre autre par son université, dont les étudiants et diplômés d’art qui offrent leur créativité à la ville. Amélie y a étudié en 2013 et retrouve avec joie ses camarades.

Annie et Marc-André nous ont accueillis à bras ouverts, et nous avons profité de la halte de quelques jours pour se refaire une santé à coup d’infusion de thym et de soupe de carotte.

Le premier jour est un peu rude : froid et gris, nous mangeons poutine, soupe et tourtière réchauffées, coincés à coté de la gare routière (le terminus où les jeunes peuvent acheter de la drogue dans le délicieux livre La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen). Le quartier fait un peu sinistre.

Tourtière: genre de tourte à la viande et aux patates ecrabouillée dans l’assiette. C’est à peu près aussi présentable qu’une poutine mais ça doit etre bon quand c’est juste fait.

Heureusement les jours suivants le soleil s’invite et nous nous éveillons aux chaaaarmes de la ville.

Le Port de Chicout

Les lieux incontournables

La Pulperie

LE musée de la ville, l’ancien lieu de fabrication de la pulpe de papier. On troupe dans le parc aménagé d’amples explications du processus de fabrication, forcément rythmé par les saisons.

Mais aussi, à l’intérieur de la bâtisse restaurée, le détail de la vie des ouvriers et leurs revendications en témoignages dactylographiés:

Témoignages – Cliquez pour agrandir les photos

Dans le même musée, des expos éparses, des photos de vedettes de hockey ; des marionnettes de télé creepy mais drôles ; et le fameux Arthur Villeneuve. Artiste naïf de Chicoutimi, il a produit plus qu’il ne pouvait stocker, allant jusqu’à couvrir sa maison de dessins, au grand dam de sa femme (qui a fini par lui céder les murs de la cuisine quand même). Barbier de profession, il a bien fait rigoler ses voisins qui le prenaient pour un fou avant d’être reconnu par les galeries Montréalaise.

Toile d’Arthur Villeneuve

Le bar à pitons

Fi de boa, le piton était la monnaie locale donnée aux ouvriers de la pulperie de Chicoutimi. C’est un petit bar qui accueille souvent des musiciens et a la particularité d’avoir une grosse truie (poêle) cernée de souches-tabourets à l’extérieur et un sauna à l’intérieur. Ambiance chaleureuse pour boire des bières.

Notre premier soir on a eu un duo de parisiens émouvants: Refuge – Brokenbird et Lonny Monten

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Quelques lieux d’art

 

Parce qu’il faut bien se culturer un peu, autour du centre ville on trouve le Lobe, l’Espace Virtuel et le Centre Bang. Le premier était malheureusement entre deux expos, même si nous avons assisté de loin à une session karaoke sur du Balavoine en rentrant de soirée. On y trouve rattaché des ateliers d’artistes en résidence.

L’espace virtuel est dans un Cegep, ce qui correspond à peu près au lycée. Tous les établissements scolaires du monde ont-ils la même odeur ? Ils hébergent actuellement une petite expo d’artistes locaux (anciens étudiants en art).

Quant-au Centre BANG, sa librairie d’art est bien agréable, même si, au vernissage, l’apologie de l’artiste-entrepreneur-en-marche sonnait un peu trop désagréablement familier. On en a bien rigolé. Et l’expo était chouette (Amélie vous dira que le vin pétillait un peu).

Vue sur le Saguenay

 

Quartier de la rivière du moulin

Les aventuriers de la forêt

Durant la majeure partie de notre séjour à chicout’ nous avons squaté chez Anouck, la femme de la foret. Elle et ses colocs Amira et Mustapha (et Jebril, qui n’habite pas la mais c’est tout comme) nous ont gentiment tolérés presque 2 semaines… J’aimerais vous dire que c’est un lieu incontournable, vu comme on y a bien dormi, mangé et ri ; sûrement le meilleur endroit de la ville pour boire du thé ! 😉

 

Le quartier est très vert, les gazons impécablement entretenus : c’est un devoir au Canada de tondre sa pelouse !

 

Près de chez Anouck coule la rivière du moulin. Le parc du meme nom est un peu plus loin. Avec Arthur nous sommes allés y trainer nos savates. C’est drôle comme la limite entre la ville et la campagne n’est pas très claire, il y a de la nature de partout, mais des zones sont délimitées comme parcs parce que des chemins y sont entretenus. Cela dit, celui-la est traversé d’énormes lignes haute tension, surement installées là avant que le parc ne soit considéré en tant que tel.

La puissante rivière du moulin

Un peu en aval de la rivière, hors du parc officiel, des chemins de terre sont peu a peu transformés en route pour quad au grand dam d’Anouck. On y a fait quelques tours et rempli le sac a doc de canettes de bières abandonnées  ;  serait-ce le fait des jeunes fripons du Séminaire de Chicoutimi (une école privée catho si j’ai bien suivi) ?

Un chemin descend de leur terrain de foot (un grand pré tondu) jusqu’à la rivière. Moi aussi à leur age je serais allée y faire des feux de camp alcoolisés !

D’ailleurs : les écoles, à part en plein centre ville, n’ont pas l’air grillagées comme chez nous. La cour de recrée est bordée de parterres d’herbe qui s’ouvrent sur la rue. Les enfants sont-ils plus responsables ? Ou les écoles emploient-elles beaucoup plus de surveillants ?

La maison du 68

 

Impossible de ne pas en toucher deux mots : la mythique coloc d’Amélie (il y a 4 ans, avec notamment Violaine, Anouck et Jebril) n’est plus. Lieu haut en couleurs et à la réputation des plus farfelues (connue dans tout le milieu des étudiants en art de chicout, attention !) a été rasée préventivement, car la coline menacait de lui glisser dessus. Pas de trou béant façon ground zero, juste un amas de plantes folles et un reste d’escalier qui suggère ce qui fut. Amusant d’entendre les ragots ressurgir de la bouche d’inconnus, sur l’histoire de la maison dans ses derniers mois d’existence…

 

Et les alentours

Il y a beaucoup de parcs et de sentiers de balade. Nous sommes allés voir les Monts Valins, la croix de la Baie, des marais (zones inondables protégées où se reproduisent des oiseaux), des fermes alentours vendant des produits frais…

Panorama des Monts Valins

Somme toute, Chicoutimi est très paisible, et entourée de nature. Ubisoft a prévu de s’y installer en janvier 2018 figurez vous ! La région se redynamise mais en discutant avec des jeunes, nombreux sont ceux qui vont à Quebec ou Montreal pour exercer leur profession, meme s’ils espèrent un jour retrouver le calme du Saguenay.

 

Notre temps à Chicoutimi a été genial, nous étions en si bonne compagnie… Nous ne pourrons jamais remercier assez la générosité de nos super hôtes !

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