Difficile de saisir toutes les subtilités de Montréal en une semaine. Plutôt que d’en opérer le tour, je vais partager des morceaux, des sensations et ce que j’ai perçu comme des étrangetés avec mon bagage d’européenne.

 

 

Réminiscences des États Unis: la rue large, les espaces ouverts, la brique et les dalles de béton. J’ai repensé à Sycamore.

A cela près qu’ici la campagne s’invite dans tous les interstices.

Les maisons sont un peu en retrait de la chaussée offrant des petits espaces verts entre les escaliers extérieurs. La richesse du quartier se définit souvent a la taille de cet espace. La canopée fait un toit sur les rues résidentielles, et aux pieds des arbres, des trous consciencieusement coupés dans le béton, donne libre cours aux herbes les plus folles. Il y a des parcs de toutes les tailles, parfois habités par les castors et les ratons laveurs ! (sinon des mouettes et des écureuils)

Vue du haut du Mont Royal, en été, la ville est parée de vert. Que doit-être l’automne…

Dans le même courant, la conscience écologique semble être développée à Montreal ; potagers partagés, marchés de producteurs, bacs de compost dans les rues… Les légumes de la fin d’été sont extrêmement savoureux, les tomates certes un peu plus chères, ne sont pas gonflées à l’eau comme en France.

Le centre ville de Montréal regorge de lieux d’exposition temporaires et d’installations d’été. Photographies, grafitis, zones de rencontre et piano en libre service, la ville vibre de mille couleurs avec les beaux jours. Les spectacles musicaux ephemeres se multiplient, musiciens apprentis et confirmés s’expriment. Les rues s’agitent pour des ventes de trotoire (pro) et de garage (particuliers).

 

Les quartiers où nous allons ont chacun leur identité propre.

Nous dormons d’abord du coté de Berri Uqam, dans une auberge de jeunesse de bric et de broc, entre la colloc et le squat. C’est un quartier assez central, commercial et universitaire. On découvre là qu’une adresse est forcément un croisement de rues : si les rues font toutes 20 kilomètre de long, avoir juste le nom te fait une belle jambe ! Caro nous embarque dans un endroit assez rigolo, l’Escalier : un bar dans un vieil appart au premier étage d’un immeuble. Dans chaque pièce regne une ambiance un peu différente, et parfois un musicien différent !

Le vieux Montreal se situe le long du vieux port. L’architecture y est assez surprenante, les batiments qui restent font très francais (les maisons de bois originelles n’ayant pas survécu aux multiples incendies) dans des rues très nord américaines. Le marché Bonsecours, l’hotel de ville… On a visité le « château » Ramezay, détaillant l’histoire de la ville et du Quebec. Notamment une illustration de Montreal alors composée de 200 maisons pour quelques 1 500 habitants !

Le plateau coloré

Le plateau-Mont Royal s’étend du métro Mt Royal au parc éponyme. C’est non loin de la que François m’héberge quelques jours très gracieusement.

C’est le quartier bobo (et Français, disent les Quebecois). D’un côté, des avenues larges pleines de restaurants et de toutes petite boutiques (disquaires, libraires, artisans-createurs, vetements…), de l’autre des allées plus residentielles, tres vertes, le tout est identifiable à la quantité des murs de brique couverts de grafitis magnifiques et les bars alternatifs. Des friperies hipster,  des jardins partagés bio dans la rue, des assos et de la musique.

Rattaché à ce quartier : la rue St Denis, la rue de la fete. Des bars et des restos tout le long. Bonne soirée au Gitana (bar à shisha comme on n’en avait plus frequenté depuis le lycée, avec option concert et collection de cigares) en compagnie de P’tit Louis et Guillaume, des amis très sympas d’Amélie du temps de Chicoutimi.

Downtown du haut de Mont Royal

Downtown. Un peu les champs Elysée de Montreal, le long de l’axe Ste Catherine. Se cotoient le quartier des arts (musées, expos, performances, bars, creations) et les buildings gigantesques de banques et centres d’affaire et administratifs ; tout dans la verticalité.

Nous avons adoré le musée des Beaux arts. Une expo permanente qui se paye le luxe de montrer une toile ou deux de la plupart des peintres et sculpteurs majeurs du 17e au 21e et des pavillons annexes variés dont une expo inuit contemporaine hallucinante de fraicheur.

Tableaux et projections

Installation lumineuse

Mais nous avons aussi expérimenté l’administration Canadienne pour faire notre numéro NAS, très efficace par ailleurs, les employés de bureau y prennent très a cœur les directives sanitaire invitant a marcher régulièrement…

En dessous de Downtown, des kilomètres de galeries marchandes souterraines pour faire ses courses au chaud au cœur de l’hiver.

Un peu moins dans l’hypercentre…

Caro et Celine nous ont très gentillement prêté leur appart quelques jours, dans le quartier de Jean Talon. Leur lapin, Ivy monte la garde (et sème des petites crottes de bonheur sur le clavier d’Amélie). Ce quartier plus résidentiel nous a familiarisés avec les escaliers extérieurs devant les petites maisons étroites. Le manque de fenêtre est compensé par des velux et puits de lumière.


Note, par ce que c’est a ce moment la que j’ai pris une sim prépayée : la telephonie est abooominaaablement cheeeeere au Canada. Les offres les plus basiques du prépayé reviennent quand même à 15 dollars par mois (le prix de la plus petite recharge, recharge obligée tous les mois pour garder le téléphone fonctionnel). Recevoir un appel est PAYANT. Pas moyen de faire le mec fauché qui fait que des appels manqués. Et puis si vous voulez vous payer le luxe d’un forfait illimité comptez facilement 60 dollars par mois. Et l’iphone, il est pas offert meme à ce prix la ! Merci free d’avoir eclaté les prix en france…


Sinon gros coup de cœur pour le marché Jean Talon. J’avais eu des échos disant que les légumes sont très chers et pas forcement variés au Canada, mais la dessus (a la fin de l’été en tout cas) surprise très agreable : beaucoup de produits locaux et tres tres savoureux. Certes, pas toujours donnés mais correct, et il y a quand même moyen de faire les poubelles (j’y reviendrai). Du coup le marché est tres beau, populaire et tres vivant, avec des producteurs gentils et des accents a couper à la scie à bois.

Plusieurs jours plus tard nous avons visité le marché Atwater, plus cher celui la mais le vendeur des « Meilleurs noix du Canada ! » nous a tapé la causette du coup ca valait le détour (faut dire qu’elles étaient bonnes, ses noix). Ce marché est près du Canal Lachine, balade tranquille au bord de l’eau dans cet ancien quartier portuaire désindustrialisé. On s’est fait offrir deux énormes bouts de pastèque par un ouvrier bâtiment en pause, c’était l’bonheur. Ils sont gentils ces canadiens !

Amé et sa pastèque

La dernière journée, on est allés du coté de Mile End, en quete de friperies. Mile End est devenu pour les Montrealais « le quartier d’Ubisoft ». Faut dire qu’ils rayonnent. Et le quartier fait atrocement envie. D’énormes usines en brique rouges réaffectés en commerces, entreprises, loft, parfois taguées, souvent entourées de plantes. Plein de terrasses, une scène de concert en voie de montage, des magasins un peu hipster… Ça sent la jeunesse branchée active et hype. Une version plus indus’ du plateau, le long de la voie ferrée, la conversion est un succès.

Hiii un réservoir d’eau j’ai l’impression d’être dans un jeu vidéo !

Et enfin dans le prolongement, Outremont. Ambiance plus chic, mix de Londres et Paris, des pelouses verte fluo a n’en plus finir devant des maisons soudainement plus larges et des voitures plus clinquantes. Un calme seulement entrecoupé de chants d’oiseaux des qu’on s’éloigne de l’axe.

Ce périple court mais intense m’a beaucoup donné envie d’y vivre. La vie plus universitaire décrite par Arnaud et Rémi, avec les colocs engagées et la jeunesse hippie et artiste, croisés avec l’expérience d’Amélie (elle à Chicoutimi) m’ony donné envie de vivre la vie Montréalaise sur le long terme. A voir si un job se profile !

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer